"...don't be stuck in the every day reality, allow yourself to dream, have faith in your wildest dreams." [AaRON]

"Ne restez pas scotchés à la réalité quotidenne. Permettez-vous de rêver. Croyez en vos rêves les plus fous..." [AaRON]
Affichage des articles dont le libellé est Conseil National de la Résistance. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Conseil National de la Résistance. Afficher tous les articles

dimanche 13 mai 2012

UN AN APRES LE MOUVEMENT DES INDIGNES CONTINUE


Madrid - Plaza del Sol (13 mai 2012)

Cela fait un an que des milliers d'Espagnols manifestaient leur indignation Plaza del Sol à Madrid. Ils ont donc voulu rappeler à leurs gouvernants qu'ils étaient toujours là, motivés, critiques face à les mesures de rigueur qu'on leur impose et qui touche les plus pauvres, les plus riches ayant su, par l'évasion fiscale et l'immoralité économique dont ils font preuves, ne pas être concernés par ces mesures.
Le mouvement a aussi été important au Portugal et en Grande-Bretagne, pays qui n'avait pas connu de grandes mobilisations depuis la sinistre période Thatcher [Source : 24 heures]
Je voudrais en profiter pour vous rappeler ces quelques lignes qui ouvrent le petit livre de Stéphane Hessel (publié en 2010) mais de plus en plus actuel : Indignez-vous !
"93 ans. C'est un peu la toute dernière étape. La fin n'est plus bien loin.  [Je précise que le livre ayant été publié en 2010, Stéphane Hessel a aujourd'hui 95 ans]. Quelle chance de pouvoir en profiter pour rappeler ce qui a servi de socle à mon engagement politique : les années de résistance et le programme élaboré il y a 66 ans par le Conseil National de la Résistance ! (...)
De ces principes et de ces valeurs, nous avons aujourd'hui plus que jamais besoin. Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société de sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l'égard des immigrés, pas cette société où l'on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale, pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis, toutes choses que nous avions refusé de cautionner si nous avions été les véritables héritiers du Conseil National de la Résistance. 
"A partir de 1945, après un drame atroce, c'est une ambitieuse résurrection à laquelle se livrent les forces présentes au sein du Conseil de la Résistance. Rappelons-le. C'est alors qu'est créée la Sécurité sociale, comme son programme le stipulait : "Un plan complet de Sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence (...); une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours (...), le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurance et des grandes banques", "l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l'économie." L'intérêt général doit primer sur l'intérêt particulier, le juste partage des richesses créées par le monde du travail primer sur le pouvoir de l'argent."
Près de 70 ans, il n'y a pas un mot qui ne trouve écho dans la situation que nous vivons et ce programme pourrait être repris à l'identique point par point.
Que l'on ne nous fasse pas rire. En 1945 qu'était l'état de la France. Au sortir d'une guerre meurtrière où les blessures étaient immenses, où les outils de production et les infrastructures étaient détruites, aussi bien en France qu'en Allemagne (qui de plus étaient d'irréconciliables ennemis), la crise n'était-elle pas plus grave, n'était-elle pas plus profonde que de nos jours. Tout était à reconstruire. Et nous y sommes parvenus... Pour en arriver en 2012 à 8 millions de Français vivant en-dessous du seuil de pauvreté sur une population de 64 millions d'habitants. Comment en sommes-nous arrivés là ? Certes, notre société est en mauvais état, notre production industrielle en déclin, mais, que diable, secouons-nous ! La situation ne peut pas être pire qu'en 1945 et, à cette époque, nos vaillants grands-parents ont réussi à tirer la France d'une situation bien plus catastrophique et désespérée qu'elle ne l'est. INDIGNONS-NOUS et REAGISSONS !!!

Réf. Stéphane HESSEL - Indignez-vous. Montpellier, Indigène éditions, 2010    

vendredi 20 avril 2012

HOMMAGE A RAYMOND AUBRAC

Raymond Aubrac - autoportrait
Raymond Aubrac est mort le 10 avril 2012, à l'âge de 97 ans. Cinq ans après son épouse, Lucie, qui, par un coup de main digne des meilleurs romans, l'avait libéré des griffes de Klaus Barbie, en plein Lyon. Telerama a publié, dans son n°3249 du 18/04/2012, un bel article de Gilles Heuré intitulé "Raymond Aubrac, l'oeil du juste". Cet article est illustré d'une photo prise de lui-même par Raymond Aubrac dans un miroir. C'était peu de temps avant d'entrer dans la résistance.

Voici un extrait de cet article :

"Fixer son image, mais ne pas dévoiler son visage. Rester caché, n'apparaître que comme une silhouette, mais regarder devant soi. A quoi rêvait-il, Raymond Aubrac, jeune homme de 27 ans, quand il fit cet autoportrait, en 1941, à Lyon, ville où sévissait la Gestapo de Klaus Barbie ? Le résistant semblait prendre date (...) Deux ans plus tard, l'anonymat tombe et le combattant du mouvement Libération Sud, le membre de l'état-major de l'Armée secrète est arrêté par les Allemands. Puis il s'évade, grâce au coup de main ahurissant que conduit sa femme, Lucie. A la Libération, Raymond Aubrac ne se contente pas de figurer dans le glorieux album de la France résistante, dont certains voudront toujours froisser les épisodes et déchirer les images. [Il] contribue à bâtir un pays nouveau au sein du Conseil National de la Résistance (CNR). D'autres images surgissent, dans une France à genoux après quatre années d'Occupation : la Sécurité sociale, le rétablissement de la démocratie politique, économique et sociale (...) A 97 ans, le 2 avril dernier, dans un manifeste cosigné notamment par Stéphane Hessel, Raymond Aubrac regarde toujours autour de lui et voit une République menacée, un démantèlement social qui réfute "l'état d'esprit" de la Libération, des droits civiques contestés. Disparu le 10 avril dernier, le photographe de 1941 nous invite toujours à ouvrir les yeux."


Je voudrais ajouter que Raymond et Lucie Aubrac ont, jusqu'à peu, continué à intervenir dans les établissements scolaires pour informer les jeunes générations de ce qu'avait été leur combat pendant la Résistance. Après avoir vu une de leurs interventions, j'avais eu le projet de les inviter dans l'établissement où je travaillais. L'âge n'avait pas non plus mis fin à leur engagement et leur lucidité politique : à l'occasion du 60ème anniversaire de l'adoption du programme du Conseil National de la Résistance, en 2004, ils avaient signé, aux côtés d'autres grands résistants, comme Maurice Kriegel-Valrimont, Daniel Cordier et Germaine Tillion*, un "appel aux jeunes générations à réagir devant la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération et à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle."

Devant la triste image que donnent nos actuels gouvernants, Lucie et Raymond Aubrac, par leur vie exemplaire, leurs engagements, leur probité morale et intellectuelle, doivent rester des phares vers lesquels  diriger nos regards par ces temps de confusion. N'oublions pas, jamais, de nous référer à leur exemple lumineux et digne.  

* Qui fut mon directeur de thèse à l'Ecole des Hautes Etudes et pour laquelle j'ai le plus grand respect mais aussi beaucoup d'affection.

mardi 21 décembre 2010

LIVRE : "INDIGNEZ-VOUS !" DE STEPHANE HESSEL

Stéphane Hessel, photo de Marie-Lan Nguyen illustrant l'art. de Wikipedia
 (image libre de droits régie par la licence CC)

J'ai entendu parler de Stéphane HESSEL et de son livre "Indignez-vous", publié par Indigène éditions à Montpellier par un éditorial récent de Télérama. Je l'ai aussi entendu parler plusieurs fois à la radio et j'ai eu envie de lire son livre. Stéphane Hessel a 93 ans. Il a été diplomate, ambassadeur à l'ONU et résistant. D'une famille d'origine juive polonaise convertie au protestantisme, il a émigré en France avec sa famille en 1925, a fait de brillantes études (bachelier à 15 ans) il a ensuite suivi l'enseignement de l'Ecole Nationale Supérieure avant d'être mobilisé en 1939. Fait prisonnier en 1940, il s'évade en 1941 et rejoint le général  de Gaulle à Londres. Fin 44, il est envoyé en mission en France. Fait prisonnier par les Allemands, il connaît les camps de Buchenwald, Dora et Bergen-Belsen. Il parvient à s'échapper pendant son transfert dans ce dernier camp et rejoint les lignes américaines à Hanovre.
Dès 1945, il s'engage dans une carrière diplomatique qui le fera participer, en 1948, à l'élaboration de la Déclaration universelle des droits de l'homme. A l'arrivée au pouvoir de François Mitterand, il représentera la France à la Conférence mondiale des Nations-Unies sur les droits de l'homme. En 1996, il prend position contre l'expulsion des sans-papiers des églises Sant-Ambroise et Saint-Bernard. Membre d'ATTAC, il participe actuellement activement au mouvement écologiste.

Son petit livre de 28 pages, "Indignez-vous" est un brûlot dont chaque ligne, chaque mot est pesé et lourd de sens. Pour lui, "le motif de base de la Résistance, c'était l'indignation." De nos jours, dans notre société et notre monde déboussolé, rappeler les valeurs proclamées par le Conseil National de la Résistance n'a jamais plus été d'actualité. Stéphane Hessel s'indigne sur "l'écart grandissant entre les très riches et les très pauvres", aussi bien en France que dans le monde où le contraste est encore plus accentué, il s'indigne contre la guerre que l'homme livre à la planète pour des raisons purement matérielles et commerciales, il s'indigne contre la chasse aux sans-papiers, aux immigrés, aux Rom, contre la course au "toujours plus" et au "toujours plus vite", à la dictature des marchés qui mène le monde à la ruine et à la catastrophe financière et sociale, il s'indigne contre les attaques incessantes du pouvoir actuel contre les acquis mis en place par le programme du Conseil National de la Résistance (droits à la Sécurité Sociale, à la retraite, etc.) et propose aux citoyens de réagir et de reprendre leur destin en mains à travers des réseaux comme ATTAC, Amnesty international, la Fédération internationale des droits de l'homme, etc. Il appelle chaque citoyen que nous sommes à une "insurrection pacifique". L'énergie de ce jeune homme de 93 ans avec qui la vie n'a pas été un chemin de roses est impressionnante. Achetez ce petit livre, lisez-le, parlez-en, faites-le lire autour de vous, offrez-le pour Noël ou le Jour de l'An ! Ainsi, vous réveillerez les consciences et vous commenderez une nouvelle année sur de meilleures bases.