"...don't be stuck in the every day reality, allow yourself to dream, have faith in your wildest dreams." [AaRON]

"Ne restez pas scotchés à la réalité quotidenne. Permettez-vous de rêver. Croyez en vos rêves les plus fous..." [AaRON]

mardi 7 août 2007

Les animaux que j'ai aimés : Puck, le pigeon

La mort de Puck

Je suis au jardin. Nous sommes le 14 juillet 2005 et je suis en repos. Je viens d’aller déplacer le tuyau d’arrosage pour le mettre au pied des quelques rosiers (dont le Mermaid) qui se sont sauvés du « naufrage » depuis que je ne m’en occupe plus assez, c’est-à-dire depuis la création de ma société fin 2001. J’ai voulu enlever quelques herbes autour de la « tombe » de Puck. Je pensais que, depuis sa mort, il y a maintenant près d’un an, je n’aurais pas de réaction, à part un petit pincement au cœur comme chaque fois que j’y pense… Mal m’en a pris. Je me suis retrouvé à genoux, en larmes, comme une véritable fontaine, impossible à arrêter. En fait, moi qui croyais avoir fait le deuil de ce petit être qui a partagé ma vie moins de quatre mois, je me suis rendu compte qu’il n’en était rien. Il est vrai que cela ne fait pas encore tout à fait un an. Mais je ne croyais pas être à ce point marqué par ce décès. Des décès d’animaux domestiques, j’en ai connus des tonnes. Mais rien d’aussi marquant que la mort de Puck dont, au fond, je me sens peut-être encore responsable. Rocou est morte de sa belle mort, elle avait 11 ans (11 ans parmi nous, peut-être en avait-elle douze, en réalité). La seule chose que je me reproche c’est de ne pas l’avoir gardée avec moi dans ma chambre la nuit de sa mort. Maman l’a fait à ma place. Cela n’aurait rien changé car elle était visiblement au bout du rouleau et elle s’est éteinte, selon l’expression en tout point justifiée dans ce cas « comme la mèche d’une bougie ». Mais, pour Puck, je crois que je me reproche de l’avoir fait euthanasier (alors qu’il n’y avait pas d’autre solution). Je lui ai enlevé la vie. Et je l’ai en quelque sorte trahi. Je crois que c’est cela, le pire. Avoir trahi la confiance de ce petit être qui ne voyait, qui ne croyait, qui n’aimait que moi. Et moi, je l’ai conduit chez le vétérinaire pour l’euthanasier. Je sais que la mort a été instantanée. Qu’il n’a pu souffrir ni même avoir le temps de se rendre compte qu’il était mort. Je me suis même laissé aller à penser que, si nous pouvions, nous humains, compter que, lorsque nous savons que c’est fini, nous pouvons opter pour une mort aussi rapide et efficace, ce serait merveilleux. Sur le moment, j’ai même envié le sort des animaux qui étaient traités ainsi. Je l’ai gardé sur mes genoux pendant que Petra, l’adorable vétérinaire qui s’est occupée de cela, préparait la seringue (une grande seringue d’un liquide rouge). Je lui ai tenu les ailes (il était dans une telle confiance qu’il ne se débattit même pas) pendant qu’elle faisait pénétrer l’aiguille jusqu’au cœur. La mort a été tellement instantanée que je ne savais pas s’il était seulement endormi ou s’il était réellement mort et, voyant que je ne bougeais pas, Petra m’a dit avec infiniment de douceur : « Vous savez, vous pouvez y aller. C’est fini : il n’a rien ressenti ». Et en effet, alors que je le tenais, je n’ai ressenti aucun spasme de douleur ou même un spasme purement physique me laissant penser que la mort était intervenue. Pour moi, il dormait, tout simplement, dans la confiance absolue qu’il m’avait toujours manifestée. J’ai eu un moment de désarroi total. Je l’ai embrassé dans ses douces plumes du dos (il sentait toujours le bébé – une vraie odeur de bébé nourri au lait-). Et je ne savais trop quoi faire. Elle m’a proposé de le garder pour l’incinérer. Mais j’ai dit « non » presque brusquement. Elle n’a pas voulu que je la paye et je n’ai pas insisté car je savais que je ne pourrai retenir mes larmes. Arrivé à la voiture, toujours serrant le petit corps inerte mais encore tiède contre moi, je l’ai précautionneusement posé dans le panier dans lequel je l’avais apporté et je suis rentré chez moi. Arrivé à la maison, j’ai tourné et viré, ne sachant quelle décision prendre [texte non terminé...]

(J’ai écrit ce texte en juillet 2005 et je le retrouve, inachevé en février 2006… et l’émotion, sinon les larmes, est toujours là et je ne me sens pas le courage de terminer).

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