"...don't be stuck in the every day reality, allow yourself to dream, have faith in your wildest dreams." [AaRON]

"Ne restez pas scotchés à la réalité quotidenne. Permettez-vous de rêver. Croyez en vos rêves les plus fous..." [AaRON]

mardi 7 septembre 2021

HOMMAGE A MIKIS THEODORAKIS


Je viens d'apprendre le décès de Mikis Theodorakis qui vient de mourir à l'âge de 96 ans. J'ai beaucoup écouté sa musique, en particulier son magnifique oratorio Axion Esti, composé à partir de textes du poète grec Odysseas Elytis (composé en 1964) mais aussi le Canto General, mise en musique de l'immense poème fleuve de Pablo Neruda, que j'ai découvert lors de mon séjour aux Iles Canaries (1976-1979) et lu en espagnol.  

J'ai rencontré Mikis Theodorakis en France. C'était dans les années 1970, peu après qu'il ait été exfiltré de Grèce grâce à l'intervention de Jean-Jacques Servan Schreber, alors directeur de l'Express. J'ai même mangé à sa table lorsqu'il était venu donner un concert à la Maison de la Culture d'Annecy. Mon amie Noëlle Bérard, d'Annecy, connaissait bien le directeur de la Maison de la Culture de l'époque grâce à ses activités de danse et, je ne sais plus par quel miracle, nous avions été invités avec la troupe. Lors du repas, je me trouvais face à lui de l'autre côté d'une table immense où ils mangeaient après le spectacle. A l'époque, nous ne doutions de rien et nous avions le projet de réaliser un spectacle de danse et de théâtre sur la musique d'Axion Esti. Nous voulions faire cela en plein air, dans le site de Rochecolombe, en Ardèche. Nous lui en avions parlé et il nous avait donné son accord et même laissé son adresse personnelle pour le contacter si le projet voyait le jour. 

Un an ou deux après, j'effectuais mon service militaire à Paris en poursuivant mes études de doctorat et il donnait un concert dans la banlieue parisienne (je ne me rappelle plus où était la salle). J'étais resté en contact avec lui et il m'avait invité. J'étais au premier rang des spectateurs et je me rappelle les amples mouvements de ses bras lorsqu'il dirigeait l'orchestre et la voix puissante de son interprète favorite de l'époque, Maria Farantouri.     

Je prie mes lecteurs d'excuser la qualité déplorable de l'enregistrement qui suit. Je n'en ai pas trouvé de meilleur. 

dimanche 5 septembre 2021

DECES DE MAMAN


Je reprendrai ce blog dans quelque temps, quand la douleur de la perte de Maman sera moins vive. Merci encore pour tous vos témoignages de soutien, par courrier, par email, par téléphone, sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et Linkedin... entre autres).  

mardi 24 août 2021

Renaud Capuçon - Massenet: Méditation de Thaïs - Guillaume Bellom

PERGOLESE : STABAT MATER

Gabriel Fauré - Apres un Rêve (Violoncelle et piano)

Samuel Barber - Agnus Dei

Gabriel Fauré - Requiem : 'In Paradisum'

GIULIO CACCINI - Ave Maria

MERCI !

Rosier Lavender dream

Mon frère Yvon et moi remercions tous nos amis et connaissance pour leur témoignages et leurs condoléances après le décès de notre mère samedi 21 août 2021

Afin que ceux qui ne pourront être présents puissent malgré tout participer à notre recueillement, voici les textes qui seront dits et les musiques qui seront diffusées pendant ses funérailles, mercredi 25 août: 
  • Le Psaume 22 : Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer

- Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien.

- Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer.

- Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de son nom.

- Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi :

ton bâton me guide et me rassure.

- Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante.

- Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie ; j'habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.

  •  Jean d’Ormesson : Le train de ma vie

 A la naissance, on monte dans le train et on rencontre nos parents.

Et on croit qu’ils voyageront toujours avec nous.
Pourtant, à une station, nos parents descendront du train,
nous laissant seuls continuer le voyage…
Au fur et à mesure que le temps passe,
d’autres personnes montent dans le train.

Et ils seront importants : notre fratrie, amis, enfants,
même l’amour de notre vie.
Beaucoup démissionneront (même l’amour de notre vie)
et laisseront un vide plus ou moins grand.

D’autres seront si discrets qu’on ne réalisera pas qu’ils ont quitté leurs sièges.
Ce voyage en train sera plein de joies, de peines, d’attentes,
de bonjours, d’au-revoir et d’adieux.
Le succès est d’avoir de bonnes relations avec tous les passagers
pourvu qu’on donne le meilleur de nous-mêmes.
On ne sait pas à quelle station nous descendrons.

Donc vivons heureux, aimons et pardonnons !
Il est important de le faire, car lorsque nous descendrons du train,
nous devrions ne laisser que des beaux souvenirs a ceux qui continuent leur voyage…
Soyons heureux avec ce que nous avons et remercions le ciel de ce voyage fantastique.
Aussi, merci d’être un des passagers de mon train.
Et si je dois descendre à la prochaine station,
je suis content d’avoir fait un bout de chemin avec vous !

Je veux dire à chaque personne qui lira ce texte que je vous remercie d’être

Dans ma vie et de voyager dans mon train. »

Les musiques proposées seront : 

  • 1.    Jean-Sébastien Bach - Choral du veilleur
  • 2.    Giulio Caccini - Ave Maria
  • 3.    Gabriel Fauré - Requiem (In Paradisum)
  • 4.    Samuel Barber - Agnus Dei
  • 5.    Gabriel Fauré - Après un rêve
  • 6.    Giovanni Battista Pergolesi - Stabat Mater
  • 7.    Jules Massenet - Méditation de Thaïs
  • 8.    Chant de rossignol

Ainsi qu'une projection d'images de Gilberte. 

samedi 21 août 2021

BACH.J.S BWV 645 Choral du veilleur par Pierre ASTOR à l'orgue


J'ai la tristesse de vous faire part du décès de ma mère Gilberte à l'âge de 94 ans. Elle s'est éteinte ce matin à l'aube, d'un arrêt cardiaque à l'hôpital d'Aubenas. Ses obsèques auront lieu dans la plus stricte intimité. Vous pouvez vous joindre à nous par la pensée. 
Elle nous a élevés, mon frère Yvon et moi, dans les valeurs qui étaient les siennes : sincérité, honnêteté, ouverture au monde et aux autres... Elle m'a soutenu dans mes combats, mes recherches. Elle s'était beaucoup investie, depuis sa création en 1976, dans l'action au quotidien de l'association Cévennes Terre de Lumière. Elle a été une mère et une amie. Au revoir, Maman. 

lundi 12 juillet 2021

POURQUOI ECRIT-ON ?



Illustration provenant du blog d'Annik Mahaïm, écrivaine

"Un écrivain ne doit pas chercher à comprendre pourquoi il écrit, comme s'il cherchait des excuses pour se faire pardonner les audaces de sa vision du monde. T'es-tu par exemple demandé pourquoi tu marches ? Et lorsque tu marches, contrôles-tu tes pas ? L'écriture est une marche, sauf qu'on a une multitude de jambes, et on ne sait jamais à quelle destination on arrivera [...]" 

Alain MABANCKOU - Le monde est un langage. Grasset, 2016. 

Depuis quelque temps, je me suis remis à écrire un ouvrage commencé dans les année 70 (voir mon post précédent). Je viens de retrouver des notes de cette époque, des passages entiers. Je voudrais les intégrer dans mon livre actuel mais je suis un peu désemparé car, même si c'est moi, si c'est mon style, j'ai du mal à m'y retrouver...  Voilà pourquoi je trouve que cette citation, retrouvée dans mon Carnet noir, tombe à pic. C'est un conseil d'un écrivain à un autre écrivain que je vais faire mien : "Un écrivain ne doit pas chercher à comprendre pourquoi il écrit." Merci, M. Mabanckou !   

vendredi 9 juillet 2021

"DOES THE WALKER CHOOSE THE PATH?..."



Extrait du carnet noir n°1 - Février 2016

Je viens de terminer la lecture en anglais de Clariel, le dernier volume de la "trilogie" (qui n'en est pas une) The old kingdom (L'ancien royaume) de Garth Nix. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, c'est une série de livres de fantasy qui se passe dans un pays parallèle au nôtre mais soumis à la magie. En réalité, Clariel (du nom de l'une des héroïnes) est un "prequel", c'est-à-dire un roman qui se passe avant le début de la trilogie et en donne les clés. C'est une technique très anglo-saxonne et qui n'a pas (ou peu) son équivalent chez nous. A cette série, il faut ajouter un recueil de nouvelles, en particulier "To hold the bridge" (Tenir le pont) et "The story of Nicholas Sayre". En réalité, chronologiquement, Clariel se place entre Sabriel et Lirael... et l'histoire continue puisqu'il dit, sur son blog, qu'il doit écrire une suite à Nicholas Sayre. 
A la fin de Clariel, l'héroïne se pose la question : 

"Does the walker choose the path, or the path the walker ?"

Qui se traduit ainsi :

"Est-ce le marcheur qui choisit le chemin, ou le chemin [qui choisit] le marcheur ?"

C'est un peu la démarche que j'ai adoptée pour mon roman sur les Shemsou Hor (Les serviteurs d'Horus), inspiré il y a de nombreuses années par un rêve relatif à l'Atlantide - et à la rédaction duquel je me suis remis après une longue interruption.      

GABRIEL FAURÉ - APRÈS UN RÊVE op7. (cello / piano) PAR GAUTIER CAPUCON


LE BUT D'UNE VIE...

"Le but d'une vie est de se rappeler qui on est." 

Bernard WERBER (France Inter 10/8/2015)

dimanche 4 juillet 2021

PATRICK MODIANO - La mémoire




"Une grande partie de l'œuvre de Patrick Modiano est hantée par la Seconde Guerre mondiale. Il éprouve l'étrange impression d'avoir vécu cette période, alors qu'il est né en 1945. Son obsession des faits, des noms, des lieux, ou même des horaires des trains, offre le goût d'une autobiographie anticipée, peut-être même pourrait-on aller jusqu'à parler de mémoire d'outre-naissance. Dans Livret de famille, il y a surtout cette phrase (...), une phrase qui me touche particulièrement tant elle fait écho à des étrangetés que je peux ressentir et qui confèrent au souvenir une folie qui nous échappe : "Je n'avais que vingt ans, mais ma mémoire précédait ma naissance."

David FOENKINOS. In : "Les souvenirs", Gallimard, 2011 (pp. 23-24) * 



J'aurais pu écrire la même chose tant j'ai l'impression, moi qui suis né en 1948 (et non en 1945), d'avoir vécu moi aussi cette période de guerre. J'en veux pour preuve mes nombreux rêves où je suis soldat ou résistant, où je fuis l'ennemi... 

Ce texte me rappelle aussi une chanson de Romain Didier, un chanteur rare et sensible dont les textes évoquent beaucoup de choses pour moi. Il y a de lui une chanson "L'aéroport de Fiumicino" (qui est l'aéroport de Rome). J'y suis allé une fois, non en tant que passager mais pour accueillir mes amies d'Annecy Irène, Noëlle et ma filleule Carla, qui arrivaient de Genève pour le baptême de Carla. A l'époque, l'aérogare était assez vieillotte. Peut-être a-t-elle refaite depuis. Dans la chanson de Romain Didier, il se réveille après un vol assez long, victime sans doute du décalage horaire (ça, je connais, je l'ai vécu à mon retour des USA en 2016). Complètement désorienté, il assiste à une reconstitution d'une course de char à l'époque romaine et il raconte une histoire de décalage temporel assez troublante, où son cerveau n'arrive pas à savoir s'il se trouve à notre époque ou sous la Rome impériale. C'est un sentiment que j'ai vécu moi-même à plusieurs reprises.

 

Il y a une autre chanson très étrange du même chanteur qui fait référence à la mémoire, ou plutôt à la perte de celle-ci. Elle s'appelle "Amnésie" :
      

* Dont a été tiré une jolie comédie par Jean-Paul Rouve, avec Annie Cordy "Les souvenirs" (2014)